Politique

Réforme de la Commission électorale ivoirienne : une coalition de l’opposition rejette la démarche du gouvernement

Abidjan, 6 février (LP) – L’une des coalitions de l’opposition ivoirienne, Ensemble pour la Souveraineté et la Démocratie (Eds) a rejeté mercredi la démarche du Gouvernement qui avait demandé aux partis politiques de déposer sous quinzaine leurs propositions relatives à la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei) au Ministère de l’Intérieur.

Le 21 janvier, le Premier Ministre, Amadou Gon Coulibaly a reçu à la Primature une vingtaine de partis politiques, dont le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (Rhdp, Parti Unifié au pouvoir), l’Union pour la Démocratie et la Paix (Udpci, membre du Rhdp), le Parti Ivoirien des Travailleurs (Pit, membre du Rhdp), l’Union pour Paix en Côte d’Ivoire (Upci, membre du Rhdp), le Rassemblement des Républicains (Rdr, parti présidentiel et membre du Rhdp) ainsi que des partis de l’opposition notamment le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), le Front populaire Ivoirien (Fpi, aile Affi N’Guessan) et Eds.

Au centre des échanges, se trouvait la question de la réforme de la Cei dans la perspective des élections présidentielles de 2020.

« Eds salue cette initiative du Gouvernement » mais « s’étonne de la méthodologie », a indiqué le Président de Eds, Armand Ouégnin, lors d’un point de presse au siège de la coalition à Anono, un des quartiers de la commune huppée de Cocody à Abidjan.

« Eds rejette la démarche du Gouvernement » qui appelait les partis politiques à « déposer sous quinzaine » leurs propositions au Ministère de l’Intérieur, a-t-il précisé, dénonçant « une invitation sélective » des partis et des membres de la société civile pour la rencontre du 21 janvier.

Selon M. Ouégnin, « cette manœuvre consistant à démultiplier la présence des partis membres ou proches du Rhdp devenu Parti Unifié depuis le 26 janvier 2019 est une pratique, de nature à biaiser la sincérité et la sérénité des échanges dans des discussions d’une telle importance pour notre pays ».

En effet, M. Ouégnin a exigé « le respect scrupuleux de l’arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (Cadhp) », une « large concertation nationale ouverte » ainsi qu’une « réforme profonde » du Conseil Constitutionnel et de la Cour supprême.

La Cadhp « a ordonné au  Gouvernement ivoirien, dans son arrêt rendu le 18 novembre 2016 à Arusha, de procéder dans un délai de un an, à une réforme en profondeur de la Cei pour la rendre conforme aux standards internationaux », a-t-il rappelé.

Mais le Gouvernement ivoirien a toujours clamé que l’actuelle Cei est le fruit d’un « large consensus » et qui a pu organiser efficacement six (6) scrutins, consolidant ainsi la démocratie dans le pays.

bbe

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