Politique

Procès Blé Goudé/ Gbagbo : La Cpi peut « prononcer un non-lieu », selon une journaliste française

Abidjan 29 novembre (LP) – La journaliste française de Radio France Internationale (Rfi), Stéphanie Maupas, basée à la Haye, a indiqué mercredi que la Cour pénale internationale (Cpi) peut prononcer « un non-lieu » dans le procès de l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo et son Ministre Charles Blé Goudé, dans une interview.

Selon Mme Maupas, les juges de la Cpi ont « trois possibilités » après la plaidoirie des avocats de MM. Gbagbo et Blé Goudé.

« Soit, ils décident de prononcer un non-lieu. Dans ce cas, l’affaire est terminée; soit de continuer le procès sous la forme actuelle; soit de réduire une partie des charges ou éventuellement d’acquitter l’un des deux accusés », a-t-elle déclaré jeudi, dans son interview sur Rfi.

« Le procureur a effectivement plus procédé par déduction que par l’exposition de preuve directe. Et puisque, c’est une faiblesse dont il est conscient, il ne s’engage. C’est une faiblesse qu’il explique par le fait qu’il n’y a pas d’ordre de Laurent Gbagbo signé de sa main disant qu’il faut cibler les civils favorables à Alassane Ouattara (actuel Président de la République). Et à partir de là, lui-même a déduit et a demandé au juge de déduire », a-t-elle poursuivi.

« C’est donc l’une des difficultés à venir pour le juge », a-t-elle souligné.

« Le procureur explique qu’effectivement un plan a été conçu pour permettre à Laurent Gbagbo de conserver le pouvoir. Mais, il a apporté assez peu d’éléments. Et, en effet lorsqu’il a présenté sa thèse, début octobre, il demandé au juge de prendre tous les éléments, témoignages qui avaient été entendus, faits exposés lors des deux premières années et d’en déduire qu’il avait un plan commun qui ciblait les civils favorables à Alassane Ouattara », a indiqué Mme Maupas.

Poursuivant, elle a ajouté que la défense a estimé que le procureur Fatou Bensouda a déformé l’histoire ivoirienne en passant « quasiment sous silence l’existence d’une rébellion ».

« Pour les avocats de la défense de Laurent Gbagbo, les forces de sécurité ivoirienne ne visait pas les civils favorables à Alassane Ouattara. Mais elles défendaient le pays contre une rébellion, elles se battaient contre une rébellion notamment le commando invisible », a fait savoir la journaliste.

Aussi, a-t-elle ajouté que la défense a estimé « qu’en qualité de chef d’Etat, si Laurent Gbagbo n’avait pas activé les forces de défenses et de sécurités, il aurait manqué à ses devoirs ».

M. Gbagbo a été arrêté à l’issue de la crise post-électorale de 2010 qui avait opposé des forces qui lui étaient loyales et aux Forces armées des Forces nouvelles (Fafn, ex-rébellion) appuyées par les forces onusiennes.

Le 23 novembre 2011, à la demande du Procureur de la Cpi, la Chambre préliminaire III a émis un mandat d’arrêt contre M. Gbagbo, dont les scellés ont été levés le 30 novembre 2011.

En détention à Korhogo (nord ivoirien), M. Gbagbo a été transféré à La Haye le 30 novembre 2011, où M. Blé Goudé le rejoindra quelques années après.

MM. Gbagbo et Blé Goudé « auraient engagé (leur) responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteurs indirects, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité à raison de meurtres, de viols et d’autres violences sexuelles, d’actes de persécution et d’autres actes inhumains », commis entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.

lok/bbe

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