Politique

Politique ivoirienne : « que de grands groupes politiques se cassent, c’est dommage pour la Côte d’Ivoire » (Lagou)

Abidjan, 10 août (LP) – Le Président du Renouveau pour la Paix et la Concorde (RPC-Paix) en Côte d’Ivoire, Henriette Lagou s’est prononcée sur la situation de crise au Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP, coalition au pouvoir) et la libération de l’ex-Première Dame, Mme Simone Gbagbo, dans un entretien avec Le Progrès.

Mme la Présidente, vous qui avez remis le 3 juin votre demande d’adhésion au RHDP au Président Henri Konan Bédié du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), alors Président de la Conférence des Présidents du RHDP. Quel sentiment vous anime à l’annonce du retrait de M. Bédié du RHDP ?

C’était une belle plate-forme, c’était un beau regroupement de partis politiques, à mon avis qui était un groupe fort.

Mais nous avons notre réunion de bureau politique. Après cette réunion, nous allons donner notre position assez claire.

Mais en attendant, vous avez peut-être un appel à l’endroit du Président Bédié !

Ce n’est pas un appel à l’endroit du président Bédié, c’est un appel à toute la classe politique ivoirienne ; vous avez vu que nos amis de la gauche sont divisés ; les jeunes partis pour la plupart sont divisés, sont cassés en trois, en quatre. Aujourd’hui, c’est la droite, la grande mobilisation, le grand rassemblement, le grand groupement qui se casse ; vraiment, c’est dommage pour Côte d’Ivoire, je le dis.
Les grands groupements politiques qui pourraient stabiliser la Côte d’Ivoire sur une longue période se cassent. C’est dommage.

On voit dans les grands pays de grands groupes qui se composent et font des alternances en terme de gouvernance et nous, nous n’arrivons pas à faire comme eux, c’est vraiment dommage.

Vous avez parlé de bureau politique. A quand ce bureau politique ? Va-t-il statuer sur le retrait du PDCI du RHDP ou quels sont les autres points à l’ordre du jour ?

C’est très bientôt et ce serait un Bureau politique extraordinaire par rapport à la situation politique en Côte d’Ivoire. Et justement, à notre position et à notre repositionnement.

Vu que vous étiez membre de l’ex-Majorité Présidentielle (LMP), quelle est votre réaction suite à la libération de Mme Gbagbo ?

Ce n’est pas en tant que ex-membre de la majorité présidentielle (qui avait été mise en place) juste pour aller aux élections présidentielles. Donc en tant qu’Ivoirienne, chef de parti politique et ancienne exilée politique que je me prononce. Parce que moi-aussi, j’étais exilée au Ghana. Quand nous sommes arrivés notre combat a été d’interpeler le Gouvernement et le Chef de l’Etat par rapport à la libération des prisonniers politiques et au retour des exilés.

Ça a été notre combat jusqu’à maintenant. Nous avons participé à tous les combats, à tous les niveaux, ouvertement comme officieusement.

L’aboutissement a été le retour de plusieurs exilés politiques et la libération de quelques prisonniers politiques. Nous avons toujours crié qu’il y a des prisonniers politiques. On nous avait dit le contraire.

Nous avons obéi avec beaucoup de sérénité, beaucoup de joie parce que cela participe à l’avancée de la paix. Notre parti, c’est le RPC-Paix. Inlassablement, nous sommes à la recherche de la paix. Et vous comprenez que la libération de ces grandes figures et des autres – parce qu’il faut libérer tout le monde effectivement – pour mon parti, nous avons gagné une bataille.

Voyez-vous la scène politique se recomposer dans les mois à venir ?

D’abord dans un premier temps, ça va participer à la réconciliation ; c’est une avancée très forte pour la réconciliation ; la scène politique se composer ? Je pense que ceux qui sont sortis appartiennent pour la plupart à une formation politique ; donc l’image sera l’image que nous avons actuellement ; sauf que les membres de ces partis ont retrouvé certains qui étaient en non liberté. Donc, changer fondamentalement, je ne pense pas. Chacun pourra jouer son rôle effectivement. Parce que quand on est privé de liberté, le parti est handicapé par rapport aux actions politiques sur le terrain.

Vous envisagez une rencontre avec Mme Gbagbo dans les prochains jours ?

Pas seulement l’ex-Première dame. C’est tout le monde. C’est tous ceux qui ont été libérés. Il y a aussi des anonymes, des gens qu’on n’a pas cité qu’il faut aller réconforter. On est des Africains et la bonne éducation africaine est d’aller auprès de ceux qui ont connu des difficultés. Quand nous nous sommes arrivés d’exil, beaucoup de gens sont venus nous saluer.

bbe

Voir plus

Article connexe

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Close