Société

Côte d’Ivoire/Universités : les syndicats exigent la « libération immédiate » d’un SG en détention à la Maison d’Arrêt

Abidjan, 19 février (LP) – Deux syndicats des universités ivoiriennes ont exigé mardi la « libération immédiate » de deux enseignants, dont Johnson Zamina Kouassi, Secrétaire général de la Coordination nationale des enseignants-chercheurs et chercheurs de Côte d’Ivoire (Cnec), en détention à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (Maca), face à la presse.

Mis aux arrêts lundi et placés en garde-à-vue à la Préfecture de police d’Abidjan, M. Johnson et Joël Dadé, ont été présentés mardi à un juge et accusés de « trouble politique, trouble à l’ordre public, séquestration, menaces et injures », a annoncé Me David Goba, lors d’une conférence de presse conjointe de la Cnec et du Collectif des enseignants-chercheurs et chercheurs (Codeh) à Abidjan.

« On ne m’a pas permis de lire les procès-verbaux de l’audition de mes clients » que « je n’ai pas assisté », a-t-il ajouté, dénonçant une violation de la loi en matière de procédure.

« Nous demandons la libération immédiate et sans condition de nos collègues de la Cnec et l’annulation pure et simple des mesures de révocation et suspension », a déclaré Kanabein Yéo, porte-parole du Codec.

« Jamais de mémoire d’Ivoirien, on a vu un Président d’Université s’en prendre avec une telle violence à l’institution universitaire », a-t-il déploré.

« Prétextant une irruption inopinée (en décembre 2018) dans la salle de réunion du conseil et des actes de vandalisme prétendus sur sa secrétaire », le Président de l’Université Félix Houphouët-Boigny, Abou Karamoko, « a infligé (en janvier) de lourdes sanctions » notamment « la suspension des salaires et des activités académiques de deux enseignants pour une année » et « le blâme pour six autres », a regretté Edmond Koffi, premier Secrétaire général adjoint de la Cnec.

Pour exiger la levée de ces sanctions, la Cnec a lancé le 4 février une grève de 12 mois qui court depuis le 4 février.

C’est dans ce contexte que de nouvelles sanctions ont été prises vendredi, à l’issue d’un nouveau conseil de discipline.

Selon M. Koffi, ce sont des « décisions cyniques » portant « radiation de quatre (4) enseignants-chercheurs », dont M. Johnson, « suspension de cinq (5) autres pour une année avec interdiction d’accès à l’université » et « suspension de six (6) mois de deux (2) autres encore avec interdiction d’accès à l’université ».

Ainsi, M. Koffi a dénoncé « la détermination » de M. Karamoko à « décimer la Cnec », quand M. Yéo qualifie ces faits de « violation flagrante des libertés syndicales et des franchises universitaires », laquelle fait « courir le risque d’une tension réelle et permanente sur l’espace universitaire pouvant embraser le tissu social ».

ako/bbe

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