Politique

Côte d’Ivoire : « la vraie place de Soro se trouve auprès de Ouattara » (Karamoko)

Abidjan, 17 janvier (LP) – Le Président de Liberté et Démocratie pour la République (Lider), Lacina Karamoko réaffirme son adhésion au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, Parti Unifié), évoque la situation de crise au sein du parti, les rapports entre le Président de la République, Alassane Ouattara et celui de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro, dans une interview avec Le Progrès.

Président, cela fait quelques mois que vous êtes à la tête de Lider et il n’y a pas longtemps que le parti a adhéré au Rhdp. Alors nous sommes tentés de vous demander si le Lider se porte bien?

Je vais vous le dire sans faux fuyant que depuis que j’ai pris la tête de Lider, le parti se porte bien. On a retrouvé un parti, qui lui-même a retrouvé ses fondements, c’est-à-dire la liberté et la démocratie.

La liberté parce qu’aujourd’hui au sein de Lider chacun peut s’exprimer maintenant sans complexe vis-à-vis de l’autre.

La démocratie parce que chacun exprime ce qu’il a envie de dire. Et les décisions sont prises en fonction des lois comme d’une République démocratique. Parce que nous essayons véritablement de travailler dans l’intérêt de la République et dans l’intérêt de la population.

C’est ce qui nous a amené à adhérer au Rhdp. Parce que lorsque, nous sommes dans une République qui n’est pas en paix, dans une République où l’on se regarde avec beaucoup de méfiance, c’est comme si nous ne sommes pas les enfants de la même Nation. Evidemment, la prospérité et le développement auxquels les populations aspirent ne peuvent avoir lieu.

Vous avez dit que Lider a retrouvé la liberté de s’exprimer, la liberté de prendre des décisions démocratiques. Est-ce-à-dire qu’au temps du Professeur Mamadou Koulibaly, il n’y avait pas de liberté d’expression ni de démocratie?

Au temps du professeur, il y avait un semblant de liberté et un semblant de démocratie. On a beau tourner, c’était les idées de M. Mamadou Koulibaly qui prévalaient. On a beau discuté, c’était ses idées qui finalement étaient prises en compte. Il n’y avait pas véritablement de liberté.

Vous avez une petite anecdote ?

Oui, en novembre 2014, lorsque le parti est allé à son deuxième congrès Mamadou Koulibaly était élu président pour son deuxième et dernier mandat. Il a également été investi candidat aux élections présidentielles de 2015. Et lui, de façon unilatéral, a décidé de se retirer par un Twitte après avoir pris les 100 millions de francs Cfa.

Quelle en avait été la destination ?

Lui seul peut l’expliquer.  Toutefois, il nous avait dit à l’une de nos réunions statutaires, qu’il avait donné 70 millions de ces 100 millions de Fcfa à Nathalie Nyamb, sa conseillère pour aller rechercher des fonds.

Donc, ces 70 millions qu’il avait donnés à Nathalie, devaient servir pour aller faire du Lobbying à l’extérieur pour nous ramener de l’argent qui n’est jamais venu. Et les 30 autres millions, selon lui-même, il en a donné 25 millions à des personnes qui sont venues de l’Arabie Saoudite qui lui devraient lui ouvrir les porte du Roi, je ne sais plus. En tous cas dans les pays du Golf. Et ces personnes sont parties avec les 25 millions. Donc, les 95 millions sont partis comme ça. Et quand on a voulu en parler, il dit que c’était son nom qui était écrit sur le chèque.

Vous croyez que là on peut parler de liberté ? Vous pensez là, qu’on peut parler démocratie ? Dans un parti qui est démocratique, si tu as été élu président par la plus haute instance qui est le congrès, tu ne peux pas te retirer sans avoir au préalable pris attache avec cette instance qui t’a investi. Et quand tu dis que c’est ton nom qui était sur le chèque, mais tu étais le candidat de Lider. Donc là, on ne peut pas parler de Liberté ni de démocratie.

On entend dire généralement que les partis politiques qui ont connu le même sort Lider n’ont pas la base avec eux. Est-ce que vous confirmez cela ?

Moi, je peux vous dire que j’ai la légalité et aussi la légitimité. J’ai été le premier délégué national à l’implantation du parti. J’ai été celui qui a parcouru toute la Côte d’Ivoire après avoir parcouru tous les quartiers du district d’Abidjan pour implanter le parti. J’ai avec moi tous les responsables des structures de base du parti.

C’est d’ailleurs, ce qui avait fait peur au professeur Koulibaly et ceux qui l’entouraient. Car ils savaient que si on était allé aux congres comme prévu le 11 novembre 2017 que Karamoko gagnerait haut les mains. Parce que les membres statutaires qui devaient participer au vote étaient tous prêts pour moi. Aujourd’hui, je peux le dire sans ambages que j’ai la base.

Ni M. Koualibaly ni Monique Gbékia, Présidente élue par le camp adverse, ne font cas de vous ni de votre équipe. C’est un silence total. Est-ce que cela ne vous dérange pas un peu ?

Cela ne me dérange pas parce que je continue mon petit bonhomme de chemin. C’est à Lider que j’ai commencé à monter véritablement à la direction d’un parti politique. J’ai connu le Rassemblement des Républicains (Rdr, parti au pouvoir) par le passé … mais à chaque fois, j’étais un militant du terrain. Quelqu’un qui est en contact avec la population parce que c’est là-bas que ça se passe.

Eux, ils font semblant de ne pas me voient pas mais, ils me voient. Parce que chaque fois que je pose une action, la réponse vient par Twitte. Ils me voient très bien et ils savent que je suis sur le terrain.

Que ferez-vous le 26 janvier ? Je suppose que Lider va disparaitre aussi ?

Je peux le dire sans risque de me tromper parce que si nous allons au Parti Unifié et que le Congrès du 26 décide que tous les partis disparaissent, Lider disparaîtra. Cependant, je ne peux pas m’aventurer pour dire que Lider va véritablement disparaitre à 100% parce que c’est le congrès qui va décider du sort des partis politiques qui vont fonder le Rhdp.

Au cas où le Congrès décide de la disparition de tous les partis, si dans ce cas le professeur Koulibaly et son équipe continuent d’utiliser les symboles de Lider, continuent de se prévaloir membres du parti ou président, quelle sera votre réaction ?

De toutes les façons, nous sommes dans un pays de droit. Ils le savent mieux que moi parce qu’ils ont à un moment donné tenté de me traduire en justice. Cela voudrait dire qu’eux aussi sont dans un pays de droit. Et que finalement, c’est le droit qui règle toute ces questions. Mais pour le moment, je ne me laisse pas distraire par ces sujets. Je reste concentré sur le congrès qui vient parce que j’estime que l’avenir de la Côte d’Ivoire passera forcement là.

Est-ce que cela voudrait dire que vous allez les traduire en justice

Si l’opportunité se présente, je n’hésiterai pas un seul instant à attaquer quiconque voudra utiliser le sigle et le logo de Lider en dehors de ceux qui sont actuellement à la tête du parti.

Mais présentement, il y a le siège de la Riviera qui est toujours là avec le logo de Lider

Tout est une question de temps. On ne fait pas tout à la fois. Aujourd’hui, l’article trois (3) de nos statuts m’autorise à déplacer le siège de Lider si les conditions l’exigent. Je ne veux pas aller l’affrontement avec ceux à qui je tends la main pour qu’ils reviennent à la raison afin que nous soyons dans le parti que nous avons tous fait. Et pour éviter cela et puisque les conditions l’exigent et que je sais que suis légalement le président du parti, j’ai décidé de transférer le siège à Anyama (une des communes d’Abidjan).

Et à parti de ce moment-là, nous allons essayer de régler le cas de ceux qui se prévalent de Lider et qui utilisent abusivement son logo.

Quels sont vos attentes au Rhdp ?

Mes attentes sont grandes et ce qui m’a motivé à vouloir adhérer au Rhdp, c’est d’abord la paix qui est le préalable à tout. Et en entrant au Rhdp, je reste convaincu que nous allons continuer à persévérer dans la voie de la paix que le président de la République, Alassane Ouattara a toujours demandée.

Pour nous qui sommes Ivoiriens, nous savons tous que le président fondateur de ce pays (Feu) Félix Houphouët-Boigny a dit que la paix est la seconde religion de l’ensemble des Ivoiriens. Et nous savons qu’avec la paix, on peut déplacer les montagnes.

J’espère bien qu’une fois qu’on sera dans cette famille, il n’y aura autre chose dans les bouches que la paix, le préalable à tout. Et que nous allons nous attaquer comme le Président Ouattara l’a déjà si bien fait, à la construction des infrastructures…

D’ailleurs, il y a un programme social qui a été annoncé par le Président de la République. On va s’attaquer à ce programme de sorte que les ivoiriens retrouvent le mieux être que nous avons connu entre 1960 et 1990. Ce sont là mes attentes.

Que nous soyons dans un parti qui travaille pour que l’Ivoirien soit à l’aise dans son environnement, soit à l’aise pour aller convenablement au travail, à l’école et que l’Ivoirien mange finalement à sa faim et que le panier de la ménagère soit vraiment très garni.

A un moment donné, si vos attentes ne sont pas comblées qu’est-ce que vous allez faire ?

J’ai confiance et je sais que mes attentes seront comblées. Parce que j’ai confiance au Président. Je suis d’une génération qui a vu la Côte d’Ivoire de 1960 à 2000. Et cette même génération à laquelle j’appartiens a vu également la Côte d’Ivoire de 2000 à 2019. Ce que j’ai vu de 2010 et 2019, c’est l’espoir.

Mais, c’est avec la participation active du Pdci. Sans ce parti, vous ne pensez pas que cela va poser problème ?

Le Pdci est bien présente au Rhdp. Il ne se résume pas qu’à une seule personne. Il ne faudrait pas qu’on se voile la face. Si le Pdci devait se résumer à une seule personne, avec le décès de Houphouët-Boigny, le Pdci devrait mourir. Le Pdci a été fondé par plusieurs personnes. Pas par une seule. C’est vrai que ça été formé par Houphouët-Boigny. Mais, nous nous rappelons que nos parents et nos grands-parents ont participé à la construction de ce pays. Alors, je ne vois pas aujourd’hui pourquoi, lorsqu’une seule personne se retire, le Pdci va mourir. Aujourd’hui, regarder vous-même très bien. Ceux qui quittent, ceux qui ne sont pas d’accord avec la vision du Président Bédié, sont nombreux que ceux qui sont d’accord avec lui. Et vous allez voir d’ici 2020.

Mais on attend dire que le Pdci est un parti de masse et non d’élites

La base du Pdci se trouve sur le terrain. Aller écouter la base, c’est complètement diffèrent de ce que (le Secrétaire Exécutif en Chef Maurice) Guikahué ou d’autres personnes disent. Nous nous sommes des enfants du Pdci et nous avons connu le Pdci par le passé. Donc ce qu’ils disent n’engagent qu’eux seuls.

Certains estiment que les relations entre M. Ouattara et le Président de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro ne sont pas au beau fixe

Les rapports entre les individus, sont comme un peu la brousse. Il y a des hauts et des bas. Aujourd’hui, nous pouvons estimer de façon apparente que les rapports sont difficiles entre le président Ouattara et le président Soro. Mais qui en sait quoi fondamentalement ?

Début janvier, ils se sont rencontrés et ce qu’ils se sont dit, personne ne sait. Comment est-ce qu’ils se sont rencontrés au début pour faire leurs affaires ? Est-ce nous-mêmes, nous le savonst. Non ! Mais seulement, en tant qu’être humain, Ivoirien et observateur, je dirai acteur de la vie politique en Côte d’Ivoire, si j’ai un conseil à donner, ce serait au frère Soro Guillaume.

Je l’ai toujours dit qu’il ne se trompe pas de combat, ni de cible. Sa vraie place, c’est auprès du Président Ouattara et nulle part ailleurs. Il est jeune, son heure viendra et lorsque son heure viendra, on n’aura pas besoin d’un coup de baguette magique pour le mettre là où il doit être. Et je reste convaincu que le brillant garçon qui est Soro Guillaume va forcément se rapprocher du président Ouattara. Et cela a déjà commencé. Et son intérêt et son avenir se trouvent auprès du Président Ouattara.

Et son entourage !

Un vrai leader sait comment gérer ses troupes. Son entourage peut faire ce qu’il a envie de faire. Mais le moment viendra où lorsque le leader doit prendre des décisions, si l’entourage est respectueux, il va le suivre. On connaît cela et on sait comment ça fonctionne. Donc, l’entourage ne peut pas déteindre négativement sur lui. Si demain, il devrait y avoir déviation de sa part, c’est que c’est M. Soro lui-même, qui aurait voulu cela.

Pour le 26 janvier, vous avez un appel à lancer à l’endroit des militants ou de la population ?

Mon premier appel va à l’endroit de nos militants qui nous ont fait confiance, en nous demandant de discuter et d’intégrer le Rhdp.

Nous l’avons fait en toute quiétude et en tenant compte leurs soutiens. Et nous sommes aujourd’hui au Rhdp, qu’ils nous fassent confiance et qu’ils retiennent que nous ne les envoyons pas à l’aventure, et que nous le faisons pour la Côte d’Ivoire…

Si la pensée unique devrait permettre à la Côte d’Ivoire de rebondir véritablement… Alors je préfère la pensée unique que d’avoir une diversité de politiques – si cela doit tirer vers le bas cela n’est pas nécessaire -.

J’aimerai également dire aux Ivoiriens de faire confiance au Président de la République … La chine, qui dans quelques années, va devenir la première puissance mondiale, n’a pas plusieurs partis politiques. Et pourtant, elle s’est construite en 30 ans. Aujourd’hui, quand on demande les premières puissances au monde, on parle de la Chine, de la Russie, des Etats Unis. On ne demande pas qu’elle est la vision politique qu’ils pratiquent là-bas. Et dans 5 ans, 10 ans, etc, je souhaite qu’on dise quelle est place de la Côte d’Ivoire sur le plan économique en Afrique. Et si la réponse se trouve dans le Parti unifié, j’applaudirai.

bbe, avec lok

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